1. La guerre en 1915

1.1. La guerre de position

Au début de 1915, il devient évident que les plans XVII et Schlieffen avaient échoué dans leur volonté d'une guerre courte et offensive. La "guerre des frontières", puis la "course à la mer" finissent d'établir en novembre 1914 une zone d'affrontement de près de 750 kilomètres où les armées initient une guerre de siège, bientôt appelée "guerre des tranchées". Déjà, l'année 1915 s'ouvre sur le bilan effroyable de 300 000 morts côté français, 145 000 chez les Allemands.

En Meurthe-et-Moselle, la ligne de front reste stable jusqu'en 1917, car aucune offensive "de rupture" n'est engagée de part et d'autre par les belligérants. Seules des concentrations de forces visent localement au contrôle des points hauts (Bois-le-Prêtre par exemple). La zone des combats coupe le département en deux à partir d'une ligne allant d'ouest en est de Flirey à Pont-à-Mousson, puis en direction sud-est, de Nomeny à Cirey-sur-Vezouze. Cela représente près d'une centaine de kilomètres à vol d'oiseau et fait passer environ un cinquième du département sous la coupe des Allemands.

Plus que jamais, Nancy est, par son importance stratégique, la capitale de la Lorraine restée française. Comme un retour de la guerre de 1870, le front se cantonne à ses portes mais, cette fois-ci, le danger oriental se double d'une menace septentrionale qui soumet la ville aux bombardements des canons à longue portée et des raids meurtriers des taube allemands.

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