Les registres paroissiaux

Registres et cahiers

Les actes sont tenus, tantôt en simples cahiers brochés, tantôt en registres. Selon les cas (taille de la paroisse, niveau de richesse de la communauté), les registres peuvent être différenciés par nature d'actes ou consister en un volume unique. La qualité de la reliure (parchemin, velin, peau de truie) dépend également des ressources de la paroisse.

Baptême

Registre paroissial de Domèvre-sur-Vezouze, 1767 - 2 E 160/1
Registre paroissial de Domèvre-sur-Vezouze, 1767 - 2 E 160/1

L'ordonnance civile de 1701 - contrairement à ce qu'établit pour la France l'ordonnance de Villers-Cotterêts - oblige les curés à consigner le jour et l'heure de la naissance, et non ceux du baptême.

Le baptême, rite d'introduction dans la communauté des chrétiens, doit être pratiqué le plus rapidement possible, au besoin par un non clerc (la sage-femme procède à l'"ondoiement" dans les cas désespérés) afin d'éviter l'errance de l'âme du nouveau-né dans les limbes, en cas de décès.

On peut noter que l'ordonnance civile exclut la signature de la mère naturelle - qui n'assiste pas au baptême - au profit de la mère marraine, mère spirituelle du baptisé.

Les quatre actes ici reproduits sont extraits des registres de la paroisse de Domèvre-sur-Vezouze et de la paroisse Notre-Dame de Nancy ; dans ce dernier cas, l'enfant baptisé, Jean-Baptiste Henry, décède dans un laps de temps très proche.

Mariage

Registre paroissial de Domèvre-sur-Vezouze, 1755 - 2 E 160/1
Registre paroissial de Domèvre-sur-Vezouze,1757 - 2 E 160/1

L’acte de mariage est d'ordinaire peu renseigné. Le Code Léopold stipule que seuls sont pris en considération les noms des époux et de leurs parents, le statut des futurs mariés (minorité, tutelle ou curatelle) et la mention d’au moins deux témoins.

Dans les faits, le mariage offre pour le curé l’occasion d’une rémunération importante, d’où son zèle à enrichir l'acte de nombreux éléments. Parmi ceux-ci figure la cérémonie des fiançailles (qui ont place entière au sein des registres paroissiaux) : les deux époux font promesse de se marier devant témoins dans un délai de quarante jours durant lesquels sont publiés les trois bans. Dans l'exemple cité, l'acte de fiançailles précède celui du mariage à Domèvre-sur-Vezouze.

La date de la fixation de la cérémonie est fortement conditionnée par le calendrier chrétien, qui rythme la vie des familles au XVIIIe siècle. Plus d’un tiers des mariages se déroule ainsi durant le mois de février, en prenant pour repères extrêmes les fêtes des Rois et de Pâques : les bans sont alors souvent publiés les dimanches de Septuagésime ou Sexagésime (soit les 70e et 60e jours avant Pâques).
    
L'acte de mariage présenté ici - qui contient les données communes à la plupart des mariages sous l'Ancien Régime - a pour intérêt d’être précédé, dans le registre paroissial de Domèvre-sur-Vezouze, de l’acte de fiançailles des futurs époux.

Sépulture

Registre de la paroisse Notre-Dame de Nancy, 1766, f. 35v - 2 E 394/1
Registre de la paroisse Notre-Dame de Nancy, 1766, f. 35v - 2 E 394/1

L’acte de sépulture doit comporter, selon le Code Léopold, les jour et heure du décès, les noms, surnom et qualité du décédé et être signé de deux ou trois parents ou témoins..

En aucun cas n’est spécifiée la nécessité de faire mention de la cause de la mort : il s’agit moins de rechercher les origines du trépas que de pratiquer les rites chrétiens de passage, dûment consignés, afin d’assurer au malheureux une bonne mort et sa survie dans l’au-delà.

Ainsi, la gestion des décès est toute entière entre les mains du clergé qui prépare le moribond à la mort par les derniers sacrements, pratique l'inhumation chrétienne et conserve la mémoire de l'événement par la consignation dans les registres qui jouent également le rôle de livres de compte.

Actes annexes

Registre paroissial de Notre-Dame de Nancy, 1766, f. 34 - 2 E 394/1
Registre paroissial de Notre-Dame de Nancy, 1766, f. 34 - 2 E 394/1

Les actes paroissiaux contiennent parfois des erreurs et des corrections. Les notes marginales se révèlent riches d’enseignements pour comprendre les mentalités du XVIIIe siècle.

Il est rare que le curé ou le clerc introduise des renseignements autres que ceux requis par les ordonnances royales.

Pourtant, le registre de la paroisse Notre-Dame de Nancy consigne la liste des premiers communiants du dimanche de Pâques 1766.

Recherche